jeudi 27 décembre 2007

Pas de mec à Noël

Noël est passé. J'ai eu quelques cadeaux mais surtout beaucoup de joie. Mais pas seulement.
Je ne sais pas si c'est mon sommeil troublé, mais aujourd'hui je vois un peu les choses en noir.

Ce matin, je suis revenu d'Anjou en voiture. Papa m'a emmené à la gare de Chemillé pour prendre non pas le train mais la voiture avec un mec. C'était programmé évidemment. C'est le même mec qui m'a descendu en Anjou. C'est le cousin d'une copine d'enfance qui habite en région parisienne. Il était descendu dans les Mauges pour Noël, comme moi. Il habite juste à côté de mon cousin homo. Je l'ai vu pour la première fois le 22/12/2007 chez ma copine d'enfance à Colombes (dans le 92). Tout de suite, je me suis dis qu'il était homo. Il a un regard de braise malgré ses yeux bleus. (Pour moi les yeux bleus ne sont pas beaux). Il a des intonations un peu féminines avec une voix grave. Il est très poli. Il est toujours propres sur lui. Il écoute des chanteuses (espagnoles). Il est naturellement gentil malgré un air un peu froid. En rentrant dimanche soir, je m'étais dis qu'il ne pouvait pas faire son coming-out devant sa cousine qui était aussi dans la voiture. Juste avant Noël ça plombe un peu.
Noël est passé et ce matin j'étais plein d'espoir. 4 heures dans la même voiture, mais rien ne s'est passé. C'est surtout moi qui parlais. Il était malade (gastro-entérite je pense) mais faisait celui qui allait bien. Enfin c'est pas à moi qu'on va réussir à dissimuler un symptôme. J'ai un peu l'habitude de les voir. Bref, à son image d'homme dur, il faisait le mec qui allait bien. Au bout d'un moment, je me suis dit qu'il n'était peut-être pas homo, ou s'il l'était il n'était pas près à se dévoiler la face. Tant pis. Mes espoirs se sont envolés.

J'ai envoyé à texto à ma petite soeur. Elle n'a pas compris. Alors je lui ai dit qu'elle n'était pas la seule à être célibataire. C'est vrai quoi ! C'est un drame pour ma petite soeur d'être célibataire. Mais toutes mes tantes, mes cousines compatissent. Et moi ? Personne ne se soucie de savoir comment je vis ma solitude ! J'ai fait plaisir à mon père en lui disant que j'avais un projet parental, mais ça ne résout rien de ma solitude ça. Il est fort probable que je devienne un papa homo-monoparental en couple avec une mamam hétéro-monoparentale. C'est dans 3 ans mais vue la tournure...

Peut-être qu'au prochain Noël j'aurai un mec ?

Comme ça ce serait bien !

dimanche 23 décembre 2007

"Je vous aime"

Tout à l'heure je vais m'en aller avec le cousin d'une amie d'enfance en Anjou, chez mes parents. Je rentre au bercail, la région où je suis né.

Aujourd'hui en repassant, j'ai repensé à ma mère. En fait je ne rentre pas pour Noël mais pour mes soeurs et mon père. Ma mère est décédée un 28 décembre 2005 à Cholet. J'étais descendu pour passer mon dernier Noël avec elle. Nous l'avons fait. Nous sommes allé à la messe de Noël à Cholet et nous sommes allé faire un bisou à maman dans sa chambre d'hôpital. C'était particulier mais c'était beau. Maman voulait qu'on reste uni même après son départ.
Je me souviens très bien de ses derniers mots. Alors qu'elle respirait difficilement, elle a réussi à nous dire à mon père, mes soeurs et moi cela : " Je vous aime". Je suis ému de l'écrire. Ces ultimes mots reflètent très bien ma mère. Une grande dame dévouée à l'Autre. Elle est de loin le plus grand disciple du Christ que je connais. Elle porte le prénom d'une Docteure de l'Eglise Catholique mais elle la surpasse énormément : Thérèse.

C'est pour nous unir que nous nous retrouvons avec mes soeurs et mon père autour de Noël qui symbolise le retour de ma douce maman dans la Maison du Père. Voilà pourquoi mes cadeaux sont bien maigres. Maman n'en a pas besoin.

samedi 22 décembre 2007

Sondage : Homo et croyant, possible ?

J'avais fait un sondage qui a reçu trente réponses.
66% des sondés répondent "oui certainement", 13% répondent "absolument non (impossible)", 10% "oui mais c'est difficile" et 10%"je ne pense pas".

Je pense que ce sondage n'est pas révélateur de la croyance chez les homosexuels. Cela montre juste qu'il y a principalement des croyants homosexuels qui passent sur mon blog. La deuxième partie des visiteurs de mon blog sont areligieux voir antireligieux car ils répondent non de manière affirmée. La question ne porte pas sur la religion mais sur la croyance. Je pense que les antireligieux qui sont légions chez les homosexuels (à très juste titre) confondent la religion et la croyance. Personnellement, j'aurais répondu "oui mais c'est difficile". Il est facile de croire individuellement mais en communauté c'est beaucoup plus difficile. Toute société est obligatoirement majoritairement hétérosexuelle et donc hétéronormée. Les Églises, les communautés musulmanes, les communautés juives et les autres communautés de croyants sont majoritairement hétérosexuelles et hétéronormées. Les homosexuels qui ont la foi l'expriment plus vivement du fait que la communauté des croyants les empêche le plus souvent de l'exprimer. C'est comme de vouloir empêcher un ballon de flotter au dessus de l'eau en le noyant. Au moindre mouvement de l'objet qui le maintient sous l'eau, le ballon va chercher à remonter, et s'il y arrive il va même surgir bien au dessus de l'eau. Les croyants homosexuels étant oppressés expriment encore plus fortement leur foi que les autres qu'on laisse s'exprimer normalement.
Exemple de communauté de croyant très hétéronormée : les Musulmans

mardi 18 décembre 2007

L'amitié

Qu'est-ce que l'amitié ? Qu'est-ce que l'amitié gay ? Comment définir, délimiter l'amitié gay ?

Tout d'abord il faut bien préciser que pour moi l'amitié rime avec l'hétérosexualité. Mes grands amis sont hétérosexuels. Je ne partage donc pas mon orientation sexuelle avec eux. Par l'association David et Jonathan, je me suis fait de bons copains. J'ai pu partager avec eux sur ma sexualité et parfois partager directement dans une chambre. Ce fut rare. Mes derniers petits amis étaient issus de cette association qui finalement est mon lieu de socialisation homosexuelle vu que je ne sors pas en boite. Entourés d'hétérosexuels, les gays et les lesbiennes ont besoin de lieu de socialisation. Peu d'hétérosexuels le comprennent car ils ne voient pas leur hégémonie. Bref, il n'est pas étonnant que cette association soit le lieu où j'ai trouvé - et je trouve encore - de nouveaux homosexuels (ça marche aussi au féminin, mais ce n'est alors pas sexuel).

L'amitié gay selon les magazines de normalisation gay est une attirance sexuelle sans sexe à priori mais laissant la voie à l'acte en cas de besoin. Ou bien alors c'est une sexualité multiforme à géométrie variable en fonction de la demande et de l'offre. Ces deux concepts ne sont pas miens. J'ai choisi de ne pas couché avec mes amis. Si je couche avec un (pas plusieurs en même temps. J'arrive difficilement à assumer émotionnellement avec un ; alors avec plus ...) il devient alors un être d'exception que je nomme mon petit ami. En ces temps de vaches maigres, je coucherais bien avec un ami gay, mais je sais qu'au plus profond de moi je n'y arriverais pas. Physiquement cela se voit. Je ne bande pas très dur et je n'arrive pas à jouir. Comme le disent les sexologues : "le principal organe sexuel est le cerveau".

Je sais que la majorité des homosexuels ne partagent pas ma vision des choses. Nombreux sont ceux qui arrivent à coucher avec n'importe qui dans des saunas ou des backrooms. Nombreux sont ceux qui s'éclatent - l'ecstasy aidant - dans des soirées gays ou dans des bars. Les blogs gays nous le disent clairement. Les magazines (Têtu, Pref, Gus et les autres), les émissions (comme la nuit gay sur Canal +), les chaînes (Pink TV), et les radios (HomoMicro sur la Toile et en FM à Paris) nous créent ces normes en fonction des comportements de masse. Mais comme dans toute règle générale, il y a des exceptions. J'en suis une et ce n'est tous les jours faciles de le vivre. Surtout quand ces gens dans la norme se foutent de votre gueule comme c'est de temps en temps le cas. Il y a toute une émission d'HomoMicro où je me fais insulter tant par les journalistes que par le podcasteur. C'était il y a quelques mois mais l'arête n'est pas passée. Je n'ai jamais eu aucune réponse pourtant annoncée à mon courrier. Je vais essayer de les joindre à nouveau et j'espère que cette fois-ci ils ne se fouteront pas de ce "Damien de Saint-Denis". Toujours est sûr qu'ils ne sont pas près de devenir mes amis. Le refus du dialogue n'est pas mon truc.

Image officielle de l'émission

dimanche 2 décembre 2007

éclaircissement

J'ai rencontré un ami la semaine passée qui m'a fait réfléchir. Il m'a un peu perturbé. C'est toujours un peu délicat de se sentir fragile dans des situations où on ne le devrait pas trop l'être ; comme en ce moment à mon boulot (l'ambiance est explosive). Je n'ai pas dormi (enfin très peu) dans la nuit de vendredi à samedi. Ce n'est pas sa faute directement mais il a sucsité en moi une réflexion sur mon essence donc des questions tout de même fondamentales.

J'ai réfléchis aussi à ma "vie virtuelle". J'ai fait le tri des gens que j'aime bien réellement même s'ils ne me font pas bander et des gens qui me font bander mais qui ne m'intéressent pas réellement. Il y en a qui ont la chance d'avoir les deux attributs. Au regard de ma sexualité quasie abstinente cela ne change pas grand chose ni pour les uns ni pour les autres. En réalité, je n'aime pas la virtualité. Les gens qui ne sont que virtualité ne sont pas intéressants. Le flou ne m'apporte rien si ce n'est l'illusion. Frère Benoît à Lille m'avait bien démontré cet perversion (au sens religieux et non psychiatrique). Internet n'est qu'un médium, un moyen de communication. C'est tout. Une communication qui reste virtuelle est illusoire. Elle laisse les internautes dans des rêves qui n'existent concrètement pas et qui provoquent une souffrance du fait de leur non-existence.

Comme me disait hier soir mon ex, sur Internet, il y a beaucoup beaucoup de gens, mais en fait il n'y a pas grand monde. La solitude y est finalement plus grande, car il y a plus de gens que matériellement on peut en rencontrer (même en allant tous les jours dans les bars du Marais) mais ce ne sont que des solitudes ensemble... parfois même irréelles.

"des solitudes ensembles"